Note :
>> De notre envoyé spécial à Gran Canaria
Cap à l’Ouest, au portant avec ou sans spi, avec ou sans grand-voile… Pour les 217 participants de l’ARC qui vont mettre entre deux et trois semaines pour rallier Sainte-Lucie, aux Antilles. Photo @ Jean-Luc Gourmelen
Unique, le spectacle de cet envol d’oiseaux du large au portant et sous le soleil s’avère toujours aussi impressionnant à voir. Un quart d’heure avant le départ, la confusion règne sur le plan d’eau : ça zigzague, ça hisse, ça crie… C’est à se demander si les participants ont bien compris où se trouvait la ligne de départ et dans quel sens souffle la douzaine de nœuds de vent établi !
Et puis, au coup de canon libératoire, tout rentre dans l’ordre. Les étraves se mettent toutes à pointer vers le Sud, les voiles portent à l’aise bâbord amure dans le Nordet qui ne devrait pas faiblir pendant les prochains jours et les spis apportent des notes de couleurs bienvenues dans ce véritable mur de voiles blanches qui barre l’horizon. Une houle déjà bien formée permet à ceux qui savent en tirer partie de lancer leurs premiers surfs transatlantiques, à commencer par les 22 concurrents qui courent en IRC, entraînés par un Swan 56 (Clem), un Akilaria 40 (Vaquita) et un IMX 45 (Maline).
Grande première lors de cette 26e édition de l’ARC avec un départ réservé pour la catégorie des multicoques et ses 30 unités sur la ligne.Photo @ Jean-Luc Gourmelen Cette année, l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC), la plus célèbre des courses réservées aux "cruisers", réunit 217 voiliers – monocoques et multicoques, soient 1 188 équipiers qui vont traverser en bande, entre Las Palmas et Sainte-Lucie.
La grande nouveauté de cette 26e édition tient dans un premier départ réservé aux catamarans, afin de mettre en valeur l’augmentation de leur nombre cette année. Ils sont en effet 30 (dont onze Lagoon) sur la ligne, ce qui en fait le plus important événement transocéanique de catamarans du monde, preuve s’il en fallait que le "bicoque" a acquis ses lettres de noblesse dans le monde de la Grande Croisière, alors que beaucoup ne l’assimilent encore qu’à celui de la location côtière du côté des cocotiers… Le plus petit de cette flottille est un Lagoon 380, le plus grand un Privilège 745, et le plus remarquable un Gunboat 66 orange nommé Phaedo qui a déjà montré qu’il savait lever une coque et dévoiler ses dessous sans se forcer !
Dans la catégorie des croiseurs, la plus nombreuse avec 145 concurrents, qui peuvent utiliser leurs moteurs mais doivent déclarer le nombre d’heures effectuées, le premier à passer la ligne est un Sun Odyssey 54 portugais (Buzios VII). Mais vu qu’il reste 2 700 milles devant les étraves, ceci n’est guère significatif.
Du côté des Français (13 engagés), plusieurs ont des chances de s’illustrer dans leurs catégories respectives, comme le Catana 47 Rafale ou le X-40 Optim’X, sans oublier le Pulsar 50 Rayon Vert (trimaran sur plan Lerouge) et Ocean’s Seven, un plan Fauroux de 31,60 mètres. Enfin, autre pointure qui a de la longueur à la flottaison à revendre, le Med Spirit (28,70 mètres), construit en Australie et immatriculé à Marseille (ex French Spirit). A son bord, une bonne partie de l’équipage – dont Jean-Paul Mouren et Laurent Pellecuer – est française et possède d’impressionnants CV.
Enfin, contrairement à l’an passé où les conditions avaient poussé un gros tiers de la flotte à descendre jusqu’au Cap Vert avant de pouvoir mettre le clignotant à droite, la météo en cours laisse espérer une route beaucoup plus classique, dictée par des alizés modérés sur quasiment toute la transat, avec un affaiblissement pour ceux qui arriveront les premiers aux Antilles. Cela suffira t-il pour battre le record de l’épreuve, détenu depuis 2006 par le maxi Capricorno en 11 jours, 5 heures et 32 minutes ? Réponse devant Rodney Bay le 1er décembre…
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